Kombouaring : du nom d’un entraîneur de l’équipe de football du PSG des années 2010, qui se distinguait par un coaching systématiquement perdant.
Depuis toujours, je suis un grand fan du PSG… Je n’ai pas raté un de leur match depuis plus de vingt ans… Cette année, pour la saison 2010-2011, j’ai pu me réjouir du retour de mon équipe fétiche au premier plan national. Le fait que l’équipe ait pu se construire autour des joueurs cadres des saisons précédentes, même si elles furent décevantes, n’est pas pour rien dans cette affaire. Peu de clubs français ont en effet pu ainsi conserver dans leur effectif leurs meilleurs joueurs, parmi lesquels nous compterons aussi bien les joueurs d’expérience que les brillants espoirs que sont Mamadou Sakho et Clément chantome. Ces deux derniers ont d’ailleurs été les meilleurs joueurs du club cette saison, avec le brésilien Néné.
On le sait, bâtir une équipe à Paris n’a jamais été chose facile… La valse des actionnaires, des présidents, des entraîneurs a été conduite sur un rythme infernal depuis le retrait de Canal plus. Toutefois, depuis deux ans, le club profite d’une certaine stabilité à ce niveau, ce qui n’est certainement pas pour rien dans le correct déroulement de cette saison.
Et pourtant… La saison 2010-2011 pourrait bien rester comme étant celle des regrets pour le club de la capitale, qui va certainement échouer au pied du podium et prendre la quatrième ou la cinquième place du classement de la Ligue 1, à moins d’un improbable sursaut d’orgueil allant de pair avec tout aussi improbable effondrement de Lyon (et pourtant, Dieu seul sait à quel point les lyonnais ont fait tout ce qu’ils ont pu pour mettre le PSG sur orbite). La question va ainsi apparaître de manière récurrente en fin de saison, à l’heure où il faut bien continuer à vendre des journaux (L’Equipe, Le Parisien…) alors que le football vivra son intersaison estivale : « c’est la faute à qui ? »
Dans les clubs phares, dirigés sur le modèle des grandes entreprises, la réponse n’est jamais simple, les responsabilités étant toujours, toujours multiples… L’actionnaire majoritaire, Colony Capital, représenté par Sébastien Bazin a sa responsabilité : il souhaite voir une grande équipe à Paris, tout en refusant de délier les cordons de sa bourse. Cette position n’est pas tenable… On ne sait s’il y croit vraiment ou s’il fait semblant d’y croire, mais le constat est là. Remarquons au passage que cela se passe rarement bien lorsque les plus hauts dirigeants d’un club ne connaissent rien au football, dont ils ignorent les codes : il leur faut plusieurs années avant de saisir le fonctionnement de son système économique, comprendre les mentalités (très particulières dès lors qu’il s’agit de jeunes footballeurs issus bien souvent de quartiers modestes et qui se retrouvent du jour au lendemain avec une cuiller en or dans la bouche, cette même cuilleur leur étant parfois enfoncée au fin fond de la gorge par des gens qui s’enrichissent sur leur dos…).
Le président du club, Robin Leproux, a également sa part de responsabilité. C’est un homme courageux, très costaud en affaire, et qui malgré les apparences ne se laisse pas marcher sur les pieds. En outre, et c’est sûrement sa qualité principale, c’est un homme de communication. Dire qu’aujourd’hui présider c’est communiquer est un euphémisme. Son talon d’achille ? Le concernant également, on peut être tenté de lui reprocher sa relative méconnaissance du milieu du football. Ce fut du moins le cas à son arrivée et lors de sa première année d’exercice. Mais il a su apprendre vite, très vite… Il a tout compris du football sur le plan politique et économique en un tour de main. Hélas, le football livre toujours sa vérité sur le terrain, et il est encore loin du compte en ce qui concerne la fameuse compréhension des mentalités du milieu, ci-dessus évoquées. Au point que, alors qu’il a forcément voulu bien faire, il s’est peut-être montré un peu trop prompt à renouveler le contrat de l’entraîneur… Faire jouer la stabilité, c’est bien, mais n’aurait-il pas dû attendre la fin de la saison pour cela, en ayant toutes les cartes en main, autement dit en pouvant le juger sur deux saisons complètes et parvenues à leur terme ?
Il faut reconnaître deux qualités majeures à Antoine Kombouaré : il sait diriger ses joueurs, dont il est le véritable chef, et il s’est montré capable de les faire jouer ensemble, ce qui n’était plus arrivé depuis bien longtemps au PSG… S’il dépend évidemment de l’économique et du politique dont il vient d’être question, son domaine c’est le terrain ! Malheureusement, son « coaching » n’est pas en rapport avec ses qualités de meneur… Combien de fois a-t-il pu prendre des décisions plus que contestables dans ses choix de composition d’équipe ? Nous venons de le voir, à Bordeaux, où il a laissé des joueurs cadres sur le banc au coup d’envoi, comme Guillaume Hoarau ou Matthieu Bodmer, se privant ainsi de sa meilleure paire d’attaquants depuis le début de la saison (ce sont les statistiques qui le disent…) Par la même occasion, il a déstabilisé son équipe, les joueurs présents sur le terrain étant pour le moins perdus en début de match, en manque total de repères… Après, il est facile de dire : les gars, c’est de votre faute ! Parce que, dans ce milieu-là comme dans tant d’autres milieux, la faute, c’est bien connu, c’est toujours l’autre !
Mais comme tout le monde, un entraîneur a le droit de passer à côté de son match. L’erreur est humaine… Et ma foi, ce serait se montrer bien bête de ne pas pardonner les erreurs d’autrui… C’est plus embêtant lorsque les erreurs sont récurrentes. Et j’en retiens deux qui confinent à la faute professionnelle… OM -- PSG, le 28 mars 2011… Alors que l’équipe n’est peut-être pas au mieux, mais qu’elle tient le cap, A. Kombouaré fait tout simplement sortir les joueurs qui auraient pu forcer la décision à un moment ou un autre : Chantôme, Bodmer, Hoarau. Soit les joueurs qui pesaient le plus, physiquement, sur les marseillais… Apparaissent Erding (alors au fond du trou), Clément (pas un mauvais joueur, mais qui est très porté sur l’aspect défensif, ce qui est un choix étonnant lorsqu’on est mené), et le jeune Bahebeck (un bel espoir du club, incontestablement, mais qui n’a tout de même que 17 ans…) Dès lors, le match fut plié, et la défaite consommée…
Une autre erreur similaire est apparue récemment, lors de Monaco -- PSG. Face à une défense particulièrement athlétique, mais alors que le PSG est parfaitement revenu dans la partie après avoir été mené, A. Kombouaré décide de sortir M. Bodmer est son mètre 92 pour le remplacer par le mètre 70 de L. Giuly… Dès lors, le PSG n’a littéralement plus fait le poids, et ne s’est plus montré dangereux… Deux points de perdus, encore une fois… Comme je comprends l’énervement de M. Bodmer lors de sa sortie…
Ce ne sont là que deux exemples, ceux qui m’ont le plus marqué, certainement, mais combien d’autres fois A. Kombouaré s’est-il montré particulièrement hasardeux dans ses choix… Il est trop dans le mécanique (remplacement systématique de Bodmer pour Giuly, ou inversement, pour ne prendre que cet exemple) et semble pour l’instant trop peu doué de cette intelligence intuitive qui peut faire basculer le sort des matchs. En outre, il me paraît trop peu à l’écoute du ressenti de ses joueurs : lorsqu’un S. Armand, riche d’une formidable expérience de joueur, vous dit qu’il ne se sent plus à l’aise à un poste d’arrière lattéral et qu’il préfère dorénavant évoluer dans l’axe, ne peut-on comprendre sa réaction négative lorsqu’il apprend qu’il jouera arrière gauche à quelques minutes du coup d’envoi d’un match ? Il est clair que sur ce point il n’est pas encore un J. Mourinho, qui, testant une formule de jeu à l’entraînement stoppe le jeu au bout de quelques minutes et demande à ses joueurs s’ils se sentent à l’aise dans le rôle qui leur est confié… Savoir diriger ses hommes, c’est bien, mais savoir les diriger tout en les écoutant, c’est mieux. Parce qu’au bout du compte, ce sont les hommes qui sont sur le terrain qui gagnent les matchs et font la grandeur de leur club ! Mais il n’y a rien là qui confine à un jugement définitif. A. Kombouaré a, comme nous tous, la possibilité d’évoluer à l’avenir, mettant ainsi à profit ses erreurs passées. A condition de savoir reconnaître ses erreurs il est vrai, et de ne pas se montrer trop rigide… Ce n’est pas gagné, mais il a le droit de nous surprendre !